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Contenu à jour au 24 septembre 2026

Niveau 3 · Expert : structurer, optimiser, sécuriser, transmettre

Module 3.8 Meublés de tourisme et location de courte durée

Lecture : environ 5 minQuiz : 3 questionsNon commencé

Objectifs

Maîtriser le cadre renforcé par la loi Le MeurLoi Le Meur : Loi du 19 novembre 2024 renforçant la régulation des meublés de tourisme. : enregistrement, changement d'usageChangement d'usage : Autorisation administrative nécessaire dans certaines villes pour transformer un logement en local d'une autre nature, dont la location touristique répétée., performance énergétique, copropriétéCopropriété : Immeuble dont la propriété est répartie entre plusieurs personnes par lots comprenant une partie privative et une quote-part des parties communes., fiscalité et sanctions.

Leçon

Définitions. Le meublé de tourismeMeublé de tourisme : Logement meublé loué à une clientèle de passage qui n'y élit pas domicile. est une villa, un appartement ou un studio meublé, à l'usage exclusif du locataire, offert à une clientèle de passage qui n'y élit pas domicile, pour un séjour à la journée, à la semaine ou au mois (article L. 324-1-1 du Code du tourisme). La chambre d'hôtesChambre d'hôtes : Chambre meublée louée chez l'habitant avec petit-déjeuner, cinq chambres au plus. est une chambre chez l'habitant avec petit-déjeuner (cinq chambres et quinze personnes au plus). La résidence principaleRésidence principale : Logement occupé au moins huit mois par an, sauf obligation professionnelle, raison de santé ou cas de force majeure. est le logement occupé au moins huit mois par an.

Le cadre juridique en 2026. La loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024 (loi Le Meur) a donné aux communes des outils de régulation et durci les règles ; le règlement européen 2024/1028 organise la collecte et le partage des données des locations de courte durée entre plateformes et autorités à partir du 20 mai 2026.

Règle Contenu
Enregistrement Tout meublé de tourisme, y compris la résidence principale, doit être enregistré et recevoir un numéro, à afficher dans chaque annonce ; les plateformes doivent retirer les annonces sans numéro valide. Décret n° 2026-196 du 19 mars 2026 : depuis le 20 mai 2026, la déclaration se fait sur le téléservice national Déclaloc, qui délivre un numéro d'enregistrement à 13 caractères. Pendant la période de transition du second semestre 2026, certaines communes orientent encore vers leur propre portail : vérifiez la démarche auprès de la vôtre
Résidence principale Location limitée à 120 jours par an, que la commune peut abaisser à 90 jours ; pas d'autorisation de changement d'usage
Changement d'usage Dans les communes de plus de 200 000 habitants, les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Marne et les communes qui l'ont instauré par délibération, louer de manière répétée pour de courtes durées un logement qui n'est pas la résidence principale exige une autorisation préalable du maire, parfois assortie d'une compensation (transformer un local non résidentiel en logement) ; autorisation temporaire et personnelle
Quotas et zonage Les communes peuvent fixer des quotas d'autorisations et délimiter, dans leur plan local d'urbanisme, des secteurs où les logements neufs sont réservés à la résidence principale (servitude reprise dans le contrat type de bail de 2026)
Performance énergétique Toute nouvelle autorisation de changement d'usage exige un DPE classé de A à E ; à partir du 1er janvier 2034, tous les meublés de tourisme (hors résidence principale) devront être classés de A à D ; le maire peut demander le DPE à tout moment
Copropriété Les règlements de copropriété doivent indiquer si la location touristique est autorisée ; interdiction possible à la majorité des deux tiers dans les immeubles à clause d'habitation bourgeoise ; obligation d'informer le syndic
Bail en cours Le locataire ne peut pas sous-louer en courte durée sans accord écrit du bailleur (module 2.5)

Sanctions. Défaut d'enregistrement : amende civile jusqu'à 10 000 € ; fausse déclaration ou faux numéro : jusqu'à 20 000 € ; dépassement de la limite de jours pour une résidence principale : amende civile ; changement d'usage sans autorisation : amende civile pouvant atteindre plusieurs dizaines de milliers d'euros par local et retour à l'habitation sous astreinte. Les plateformes sont aussi sanctionnées si elles laissent en ligne des annonces irrégulières.

Fiscalité.

Situation Régime micro-BIC (revenus 2026) Au réel
Meublé de tourisme classé (1 à 5 étoiles) Plafond 83 600 €, abattement 50 % Amortissements, avec réintégration à la revente
Meublé de tourisme non classé Plafond 15 000 €, abattement 30 % Idem
Chambre d'hôtes Plafond 83 600 €, abattement 50 % Idem

Le classement (délivré après visite d'un organisme accrédité selon le référentiel d'Atout France) vaut cinq ans. Prélèvements sociauxPrélèvements sociaux : CSG, CRDS et prélèvement de solidarité sur les revenus du patrimoine (17,2 % ou 18,6 % selon les revenus). de 18,6 % ; au-delà de 23 000 € de recettes, affiliation à la sécurité sociale des indépendants (cotisations sociales). Taxe de séjour collectée par les plateformes ou par le loueur. Taxe d'habitation sur les résidences secondaires due sur le logement (module 2.9), avec exonération possible des meublés classés et des chambres d'hôtes sur décision de la commune depuis 2026, et exonération des gîtes ruraux. CFECFE : Cotisation foncière des entreprises, due notamment par les loueurs en meublé.. TVA à 10 % seulement en cas de prestations para-hôtelières. Obligations pratiques : contrat de location saisonnière avec descriptif et prix, assurance adaptée, détecteur de fumée, fiche individuelle de police pour la clientèle étrangère.

Économie d'un meublé de tourisme. Indicateurs : taux d'occupation, prix moyen par nuit, revenu par nuit disponible, saisonnalité, notes clients. Coûts : commissions des plateformes (3 à 15 %), conciergerie (15 à 25 %), ménage et linge, énergie et internet, consommables, usure accélérée du mobilier, taxes.

Exemple chiffré

Deux-pièces loué 120 € la nuit avec 65 % d'occupation : environ 237 nuits et 28 470 € de recettes brutes. Commissions et conciergerie (35 %), énergie, internet, consommables, entretien, THRSTHRS : Taxe d'habitation sur les résidences secondaires et les logements meublés non affectés à l'habitation principale., CFE et comptabilité : environ 15 300 €. Reste environ 13 200 € avant taxe foncièreTaxe foncière : Impôt local annuel dû par le propriétaire au 1er janvier., copropriété et crédit, à comparer à 10 800 € de loyers annuels en location meubléeLocation meublée : Location d'un logement équipé du mobilier nécessaire pour y vivre, selon une liste réglementaire. classique (900 € par mois) avec une gestion bien plus légère, une fiscalité plus favorable (83 600 € et 50 % au micro-BICMicro-BIC : Régime simplifié d'imposition des revenus de location meublée avec abattement forfaitaire. contre 15 000 € et 30 % si le meublé de tourisme n'est pas classé) et beaucoup moins de risque réglementaire.

À surveiller

Un texte dit « RIPOST », destiné notamment à renforcer la protection des meublés de tourisme contre les occupations illicites, a été adopté par le Sénat le 26 mai 2026 et par l'Assemblée nationale le 15 juillet 2026 dans des rédactions différentes : vérifiez l'issue de la commission mixte paritaire. Surveillez aussi la fin de la période de transition vers Déclaloc dans votre commune.

Points clés

Enregistrement et numéro partout ; 120 jours (ou 90) pour la résidence principale ; autorisation de changement d'usage pour les résidences secondaires dans les villes concernées, avec DPEDPE : Diagnostic de performance énergétique, classant le logement de A à G selon sa consommation et ses émissions de gaz à effet de serre. au moins E ; copropriété et règlement à vérifier ; micro-BIC très défavorable si le meublé n'est pas classé.

Pièges à éviter

Acheter pour faire du meublé de tourisme sans vérifier les règles de la commune et de la copropriété ; louer sans numéro ; dépasser 120 jours pour sa résidence principale ; ne pas faire classer son meublé ; sous-estimer les charges et la saisonnalité.

Textes de référence

Code du tourisme, articles L. 324-1 à L. 324-2-1 et D. 324-1 et suivants ; CCH, articles L. 631-7 à L. 631-10 et L. 651-2 ; loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024 ; décret n° 2026-196 du 19 mars 2026 ; règlement (UE) 2024/1028 ; code de l'urbanisme, article L. 151-14-1 ; CGI, article 50-0.

Quiz 3.8

  1. Question 1 sur 3Combien de jours par an peut-on louer sa résidence principale en meublé de tourisme au maximum ?
    Voir la réponse

    Réponse C : 120 jours, la commune pouvant abaisser à 90

    La limite légale est de 120 jours ; depuis la loi Le Meur, les communes peuvent la réduire à 90 jours.

  2. Question 2 sur 3Quel DPE faut-il pour obtenir une nouvelle autorisation de changement d'usage en meublé de tourisme ?
    Voir la réponse

    Réponse B : Classe A à E

    Une nouvelle autorisation exige un logement classé de A à E ; en 2034, tous les meublés de tourisme hors résidence principale devront être classés de A à D.

  3. Question 3 sur 3Quel est l'abattement du micro-BIC pour un meublé de tourisme non classé ?
    Voir la réponse

    Réponse C : 30 %

    Pour les meublés de tourisme non classés, le plafond est de 15 000 € et l'abattement de 30 %.

Exercices d'entraînement 3.8

10 questions. Répondez à tout, puis cliquez sur « Corriger » : les réponses et les explications s'affichent après la correction. Réussite à 70 %.

  1. Question 1 · Une seule bonne réponseCombien de jours par an peut-on louer sa résidence principale en meublé de tourisme, au plus ?

    Réponse attendue : B — 120 jours, que la commune peut abaisser à 90 jours

    120 jours par an, que la commune peut abaisser à 90 jours ; pas d'autorisation de changement d'usage.

  2. Question 2 · Une seule bonne réponseDans une ville de plus de 200 000 habitants, un propriétaire veut louer toute l'année en courte durée sa résidence secondaire. Que lui faut-il ?

    Réponse attendue : B — Une autorisation préalable de changement d'usage du maire

    La location répétée de courte durée d'un logement qui n'est pas la résidence principale exige une autorisation de changement d'usage dans ces communes.

  3. Question 3 · Une seule bonne réponseQuelle classe DPE faut-il pour obtenir une nouvelle autorisation de changement d'usage ?

    Réponse attendue : B — A à E

    Une nouvelle autorisation exige un DPE de A à E ; en 2034, tous les meublés de tourisme hors résidence principale devront être classés de A à D.

  4. Question 4 · Calcul : saisissez le résultatQuelle amende civile maximale encourt un loueur qui ne fait pas enregistrer son meublé de tourisme ?
    €

    Réponse attendue : 10 000 €

    Jusqu'à 10 000 € ; jusqu'à 20 000 € en cas de fausse déclaration ou de faux numéro.

  5. Question 5 · Calcul : saisissez le résultatUn studio se loue 150 € la nuit avec 60 % d'occupation sur 365 jours. Quelles recettes brutes annuelles ?
    €

    Réponse attendue : 32 850 €

    365 × 60 % = 219 nuits ; 219 × 150 = 32 850 €.

  6. Question 6 · Calcul : saisissez le résultatMeublé de tourisme non classé au micro-BIC : 14 000 € de recettes. Quel résultat imposable ?
    €

    Réponse attendue : 9 800 €

    Abattement de 30 % seulement : 14 000 × 0,70 = 9 800 €.

  7. Question 7 · Une seule bonne réponseCombien de temps vaut le classement d'un meublé de tourisme ?

    Réponse attendue : C — 5 ans

    Le classement, délivré après visite d'un organisme accrédité, vaut cinq ans.

  8. Question 8 · Une seule bonne réponseDepuis le 20 mai 2026, sur quel téléservice déclare-t-on un meublé de tourisme ?

    Réponse attendue : B — Déclaloc, qui délivre un numéro à 13 caractères

    Décret n° 2026-196 du 19 mars 2026 : téléservice national Déclaloc, numéro d'enregistrement à 13 caractères.

  9. Question 9 · Une seule bonne réponseÀ partir de quel montant de recettes un loueur de meublé de tourisme est-il affilié à la sécurité sociale des indépendants ?

    Réponse attendue : B — 23 000 €

    Au-delà de 23 000 € de recettes, même s'il n'est pas LMP.

  10. Question 10 · Plusieurs bonnes réponses : cochez-les toutesQuelles vérifications faire avant d'acheter pour louer en meublé de tourisme ?

    Réponse attendue : A — Les règles de changement d'usage de la commune ; B — Le règlement de copropriété ; C — Le DPE du logement ; D — Les quotas éventuels de la commune

    Commune (changement d'usage, quotas, zonage), copropriété et DPE conditionnent le projet ; l'IRL concerne la location de longue durée.