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Contenu à jour au 24 septembre 2026

Niveau 2 · Gestion, fiscalité et financement

Module 2.6 La fiscalité de la location nue : les revenus fonciers

Lecture : environ 5 minQuiz : 4 questionsNon commencé

Objectifs

Choisir entre micro-foncierMicro-foncier : Régime simplifié d'imposition des revenus fonciers avec abattement de 30 %. et régime réelRégime réel : Régime d'imposition sur les recettes et les charges réelles (revenus fonciers ou BIC)., déduire les bonnes charges, utiliser le déficit foncierDéficit foncier : Excédent des charges déductibles sur les loyers en location nue, imputable en partie sur le revenu global. et remplir la déclaration.

Leçon

Principe. Les loyers d'une location nueLocation nue : Location d'un logement vide, dont les revenus relèvent des revenus fonciers. sont imposés dans la catégorie des revenus fonciers, au barème progressif de l'impôt sur le revenu, plus les prélèvements sociauxPrélèvements sociaux : CSG, CRDS et prélèvement de solidarité sur les revenus du patrimoine (17,2 % ou 18,6 % selon les revenus).. Les charges refacturées au locataire ne sont pas des revenus ; les dépenses incombant normalement au bailleur que le locataire aurait prises en charge en sont.

Le micro-foncier (article 32 du CGI). Applicable de plein droit lorsque les revenus fonciers bruts du foyer n'excèdent pas 15 000 € par an (toutes locations nues et parts de SCPISCPI : Société civile de placement immobilier, qui collecte l'épargne pour acquérir un parc immobilier. confondues). Un abattementAbattement : Réduction forfaitaire d'une base imposable (par exemple 30 % au micro-foncier, 50 % au micro-BIC, abattements pour durée de détention des plus-values). forfaitaire de 30 % représente toutes les charges ; on déclare le montant brut en case 4BE de la déclaration 2042. Exclusions principales : biens relevant de certains dispositifs (PinelPinel : Ancienne réduction d'impôt pour l'investissement locatif neuf, fermée aux acquisitions depuis le 1er janvier 2025., DenormandieDenormandie : Réduction d'impôt pour l'achat d'un logement ancien avec travaux dans les villes moyennes éligibles, jusqu'au 31 décembre 2027., JeanbrunJeanbrun (dispositif) : Statut du bailleur privé créé par la loi de finances pour 2026, permettant d'amortir un logement loué nu à loyer plafonné., MalrauxMalraux : Réduction d'impôt pour la restauration complète d'immeubles dans les secteurs patrimoniaux. avec déduction, monuments historiquesMonuments historiques : Régime fiscal permettant de déduire du revenu global les charges d'immeubles classés ou inscrits.…) ; détention uniquement via des sociétés (le micro-foncier n'est ouvert aux associés de SCISCI : Société civile immobilière, outil de détention et de transmission d'immeubles. ou de SCPI que s'ils détiennent aussi un bien en direct).

Le régime réel (déclaration 2044). Obligatoire au-delà de 15 000 € ou sur option. L'option est irrévocable pendant trois ans, puis reconduite tacitement d'année en année. On déduit les charges réellement payées dans l'année (article 31 du CGI) :

Charges déductibles Précisions
Intérêts d'emprunt et frais d'emprunt Intérêts, frais de dossier, de garantie, de courtage, assurance emprunteur
Travaux de réparation, d'entretien et d'amélioration Hors travaux de construction, reconstruction ou agrandissement
Primes d'assurance PNO, assurance loyers impayés
Frais de gestion Honoraires d'agence et de gestion, frais de procédure, rémunération non récupérable d'un gardien ; forfait de 20 € par local pour les menus frais non justifiés
Impositions Taxe foncière (hors TEOM récupérée), taxes annexes
Charges de copropriété Provisions versées au syndic ; régularisation l'année suivante de la part non déductible
Charges récupérables non récupérées Au départ définitif du locataire
Déductions spécifiques Amortissement Jeanbrun (module 3.4)

Ne sont jamais déductibles : le prix d'achat, les frais d'acquisition (ils majorent le prix de revient pour la plus-value), le remboursement du capital de l'emprunt, les travaux de construction ou d'agrandissement, le mobilier.

Le déficit foncier (article 156 du CGI). Si les charges dépassent les loyers, le déficit provenant des charges autres que les intérêts d'emprunt s'impute sur le revenu global dans la limite de 10 700 € par an. Le surplus, ainsi que la part du déficit due aux intérêts, s'impute sur les revenus fonciers des dix années suivantes. Condition : le bien doit rester loué nu jusqu'au 31 décembre de la troisième année suivant l'imputation, sinon l'avantage est repris.

Nouveau

Le plafond d'imputation sur le revenu global est porté à 21 400 € pour les dépenses de rénovation énergétique qui font passer un logement d'une classe E, F ou G à une classe A à D (DPEDPE : Diagnostic de performance énergétique, classant le logement de A à G selon sa consommation et ses émissions de gaz à effet de serre. avant et après travaux). La loi de finances pour 2026 a prolongé ce doublement pour les dépenses payées jusqu'au 31 décembre 2027.

Exemple chiffré

Loyers 8 000 €. Intérêts d'emprunt 3 000 €. Travaux et autres charges 20 000 €. Les intérêts s'imputent d'abord sur les loyers : reste 5 000 € de revenus fonciers. Les autres charges (20 000 €) créent un déficit de 15 000 €. Imputation sur le revenu global : 10 700 € ; report sur les revenus fonciers futurs : 4 300 €. Pour un contribuable à 30 %, l'économie d'impôt sur le revenu immédiate est de 3 210 €, et aucun prélèvement social n'est dû cette année-là sur les loyers. Si les travaux sont une rénovation énergétique éligible (passage de F à C par exemple), les 15 000 € s'imputent intégralement : économie de 4 500 €.

Prélèvements sociaux. Les revenus fonciers nets supportent 17,2 % de prélèvements sociaux (CSGCSG : Contribution sociale généralisée, principale composante des prélèvements sociaux. 9,2 %, CRDS 0,5 %, prélèvement de solidarité 7,5 %). La hausse de CSG de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (taux global de 18,6 %) ne s'applique pas aux revenus fonciers. La CSG est déductible à hauteur de 6,8 % du revenu imposable de l'année suivante.

Micro ou réel ? Le réel est préférable dès que les charges réelles dépassent 30 % des loyers, ce qui est presque toujours le cas avec un crédit ou des travaux.

Exemple chiffré

Loyers annuels 9 600 €. Charges réelles : intérêts 3 000 €, taxe foncièreTaxe foncière : Impôt local annuel dû par le propriétaire au 1er janvier. 900 €, copropriétéCopropriété : Immeuble dont la propriété est répartie entre plusieurs personnes par lots comprenant une partie privative et une quote-part des parties communes. non récupérable 600 €, PNOAssurance propriétaire non occupant (PNO) : Assurance de responsabilité civile et de dommages du propriétaire qui n'occupe pas son bien, obligatoire en copropriété. 150 €, travaux 2 500 €, soit 7 150 €. Micro-foncier : revenu imposable 6 720 €, impôt et prélèvements sociaux pour une tranche à 30 % : 6 720 × 47,2 % = 3 172 €. Réel : revenu imposable 2 450 €, soit 1 156 €. Gain du réel : environ 2 000 € par an.

Déclarer. Au réel, la déclaration annexe 2044 (ou 2044-SPE pour certains dispositifs) calcule le résultat, reporté sur la 2042 : case 4BA (revenu net), 4BB (déficit reportable), 4BC (déficit imputable sur le revenu global), 4BD (déficits antérieurs non encore imputés). En micro-foncier : case 4BE.

Cas particuliers. IndivisionIndivision : Propriété d'un même bien par plusieurs personnes sans division matérielle des parts. : chaque indivisaire déclare sa quote-part. DémembrementDémembrement : Division de la propriété entre usufruit et nue-propriété. : l'usufruitier déclare les loyers ; le nu-propriétaire qui paie de grosses réparationsGrosses réparations : Réparations de la structure (gros murs, voûtes, poutres, couvertures entières) à la charge du propriétaire (article 606 du Code civil). peut, sous conditions (démembrement familial), les imputer en déficit foncier. SCPI : quote-part de revenus fonciers communiquée chaque année par la société de gestion ; revenus de source étrangère traités selon les conventions fiscales (module 3.3).

Points clés

Micro-foncier jusqu'à 15 000 € avec 30 % d'abattement ; réel souvent plus avantageux ; déficit imputable sur le revenu global jusqu'à 10 700 € (21 400 € en rénovation énergétique jusqu'en 2027) ; prélèvements sociaux maintenus à 17,2 % sur la location nue.

Pièges à éviter

Rester au micro-foncier par habitude avec un crédit important ; déduire des travaux d'agrandissement ; vendre ou relouer en meublé avant la fin de la troisième année suivant l'imputation d'un déficit ; oublier de régulariser les provisions de copropriété.

Textes de référence

CGI, articles 14 à 33 quinquies (revenus fonciers), notamment 28, 29, 31 et 32 ; article 156, I, 3° (déficit foncier) ; loi n° 2026-103 du 19 février 2026, article 47 ; Code de la sécurité sociale, article L. 136-8 ; BOFiP-RFPI.

Quiz 2.6

  1. Question 1 sur 4Quel est le plafond de revenus bruts permettant le micro-foncier ?
    Voir la réponse

    Réponse B : 15 000 €

    Le micro-foncier est ouvert si les revenus fonciers bruts du foyer n'excèdent pas 15 000 € par an ; l'abattement est de 30 %.

  2. Question 2 sur 4Dans la limite de quel montant un déficit foncier « classique » s'impute-t-il sur le revenu global ?
    Voir la réponse

    Réponse B : 10 700 €

    10 700 € par an, porté à 21 400 € pour certaines dépenses de rénovation énergétique payées jusqu'au 31 décembre 2027. La part liée aux intérêts ne s'impute que sur les revenus fonciers.

  3. Question 3 sur 4Quel est le taux des prélèvements sociaux sur les revenus fonciers d'une location nue en 2026 ?
    Voir la réponse

    Réponse A : 17,2 %

    Les revenus fonciers et les plus-values immobilières sont exclus de la hausse de CSG de 2026 et restent à 17,2 %.

  4. Question 4 sur 4Peut-on déduire le coût de construction d'une extension de 20 m² des revenus fonciers ?
    Voir la réponse

    Réponse B : Non, les travaux d'agrandissement ne sont pas déductibles

    Les travaux de construction, reconstruction et agrandissement ne sont pas déductibles ; ils majorent le prix de revient pour le calcul de la plus-value.

Exercices d'entraînement 2.6

10 questions. Répondez à tout, puis cliquez sur « Corriger » : les réponses et les explications s'affichent après la correction. Réussite à 70 %.

  1. Question 1 · Calcul : saisissez le résultatAu micro-foncier, un foyer perçoit 10 000 € de loyers bruts. Quel est son revenu foncier imposable ?
    €

    Réponse attendue : 7 000 €

    Abattement forfaitaire de 30 % : 10 000 × 0,70 = 7 000 €.

  2. Question 2 · Calcul : saisissez le résultatMême foyer, tranche à 30 %. Combien paie-t-il d'impôt et de prélèvements sociaux sur ces loyers ?
    €

    Réponse attendue : 3 304 €

    7 000 × (30 % + 17,2 %) = 7 000 × 47,2 % = 3 304 €.

  3. Question 3 · Une seule bonne réponsePendant combien de temps l'option pour le régime réel est-elle irrévocable ?

    Réponse attendue : B — 3 ans

    L'option est irrévocable pendant trois ans, puis reconduite tacitement d'année en année.

  4. Question 4 · Plusieurs bonnes réponses : cochez-les toutesAu régime réel, lesquelles de ces dépenses sont déductibles ?

    Réponse attendue : A — Les intérêts d'emprunt ; B — La taxe foncière (hors ordures ménagères récupérées) ; C — L'assurance PNO

    Intérêts, taxe foncière et assurances sont déductibles. Le capital remboursé et les travaux d'agrandissement ne le sont jamais.

  5. Question 5 · Calcul : saisissez le résultatLoyers 6 000 €, intérêts d'emprunt 2 000 €, autres charges (travaux d'entretien) 18 000 €. Quel montant du déficit s'impute sur le revenu global cette année (plafond de droit commun) ?
    €

    Réponse attendue : 10 700 €

    Les intérêts s'imputent d'abord sur les loyers : reste 4 000 €. Les autres charges créent un déficit de 18 000 − 4 000 = 14 000 €, imputable sur le revenu global dans la limite de 10 700 €.

  6. Question 6 · Calcul : saisissez le résultatDans cet exemple, quelle part du déficit est reportée sur les revenus fonciers des dix années suivantes ?
    €

    Réponse attendue : 3 300 €

    14 000 − 10 700 = 3 300 €.

  7. Question 7 · Calcul : saisissez le résultatPour un contribuable dans la tranche à 30 %, quelle économie d'impôt sur le revenu représente l'imputation de 10 700 € ?
    €

    Réponse attendue : 3 210 €

    10 700 × 30 % = 3 210 €.

  8. Question 8 · Calcul : saisissez le résultatMême situation, mais les 18 000 € de charges sont des travaux de rénovation énergétique payés en 2026, qui font passer le logement de F à C. Quel montant du déficit de 14 000 € s'impute sur le revenu global ?
    €

    Réponse attendue : 14 000 €

    Pour une rénovation énergétique passant de E, F ou G à A-D, le plafond est porté à 21 400 € (dépenses payées jusqu'au 31 décembre 2027) : les 14 000 € s'imputent en totalité.

  9. Question 9 · Une seule bonne réponseDéficit imputé en 2026. Jusqu'à quand le bien doit-il rester loué nu ?

    Réponse attendue : B — 31 décembre 2029

    Jusqu'au 31 décembre de la troisième année suivant l'imputation, soit 2029 ; sinon l'avantage est repris.

  10. Question 10 · Une seule bonne réponseQuel taux de prélèvements sociaux s'applique aux revenus fonciers en 2026 ?

    Réponse attendue : A — 17,2 %

    17,2 % : la hausse de CSG de la LFSS pour 2026 (18,6 %) ne s'applique pas aux revenus fonciers.