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Contenu à jour au 24 septembre 2026

Niveau 2 · Gestion, fiscalité et financement

Module 2.1 Le loyer en profondeur : révision, relocation, encadrement, réévaluation

Lecture : environ 6 minQuiz : 4 questionsNon commencé

Objectifs

Appliquer correctement la révision annuelle, les règles de relocation en zone tendueZone tendue : Commune où la demande de logements excède fortement l'offre, soumise à des règles particulières (relocation, préavis réduit, taxe sur la vacance)., l'encadrement des loyersEncadrement des loyers : Plafonnement des loyers par référence à des loyers médians fixés par arrêté préfectoral dans des villes volontaires. et la réévaluation au renouvellement.

Leçon

1. La révision annuelle (article 17-1). Elle n'est possible que si le bail contient une clause de révision. Elle intervient une fois par an, à la date prévue au bail ou, à défaut, à sa date anniversaire. Le nouveau loyer ne peut dépasser :

Loyer révisé = loyer actuel × IRL du trimestre de référence de l'année en cours / IRL du même trimestre de l'année précédente

Le trimestre de référence est celui indiqué au bail ; à défaut, c'est le dernier IRLIRL : Indice de référence des loyers publié chaque trimestre par l'INSEE, qui plafonne la révision annuelle. publié à la date de signature. Le bailleur dispose d'un an à compter de la date de révision pour manifester sa volonté de réviser ; s'il le fait, la révision prend effet à compter de sa demande, sans rétroactivité. Passé ce délai d'un an, la révision de l'année est perdue.

Trimestre IRL (métropole) Variation sur un an Publication
3e trimestre 2025 145,77 +0,87 % 15 octobre 2025
4e trimestre 2025 145,78 +0,79 % 15 janvier 2026
1er trimestre 2026 146,60 +0,78 % 15 avril 2026
2e trimestre 2026 148,37 +1,15 % 10 juillet 2026
3e trimestre 2026 à paraître — 15 octobre 2026

Des IRL spécifiques existent pour la Corse (146,22 au 2e trimestre 2026) et pour les départements et régions d'outre-mer (146,94). Pour mémoire, un « bouclier loyer » a plafonné la variation de l'IRL à 3,5 % en métropole du 3e trimestre 2022 au 1er trimestre 2024.

Exemple chiffré

Bail signé le 1er septembre 2025, loyer 700 € HC, trimestre de référence : 2e trimestre (IRL 146,68 au 2e trimestre 2025). Au 1er septembre 2026, le nouvel IRL du 2e trimestre 2026 vaut 148,37. Loyer révisé maximal : 700 × 148,37 / 146,68 = 708,07 €. Si le bailleur n'écrit au locataire que le 15 novembre 2026, le loyer révisé s'applique à partir du 15 novembre 2026, sans rappel pour septembre et octobre.

Attention

Aucune révision n'est possible pour un logement classé F ou G en métropole si le bail a été conclu, renouvelé ou tacitement reconduit depuis le 24 août 2022 (1er juillet 2024 outre-mer).

2. La relocation en zone tendue (article 18 et décret n° 2017-1198). Dans les communes de la zone tendue (environ 1 150 communes, liste actualisée par le décret n° 2025-1267 du 22 décembre 2025), le loyer d'un nouveau bail ne peut excéder le dernier loyer appliqué au précédent locataire, éventuellement augmenté de la variation de l'IRL si le loyer n'a pas été révisé au cours des douze derniers mois. Le décret n° 2026-644 du 20 juillet 2026 reconduit ce régime pour les baux conclus ou renouvelés du 1er août 2026 au 31 juillet 2027. Il s'applique aux locations vides et meublées de résidence principaleRésidence principale : Logement occupé au moins huit mois par an, sauf obligation professionnelle, raison de santé ou cas de force majeure..

Exceptions permettant une hausse :

Exception Hausse possible
Travaux d'amélioration ou de mise en conformité (parties privatives ou communes) réalisés depuis le dernier bail, d'un montant au moins égal à la moitié de la dernière année de loyer Hausse annuelle limitée à 15 % du coût réel des travaux TTC
Loyer manifestement sous-évalué par rapport aux loyers du voisinage Hausse limitée à la moitié de l'écart avec le loyer de référence du voisinage
Logement vacant depuis plus de 18 mois, première location, ou travaux d'amélioration de moins de six mois d'un montant au moins égal à la dernière année de loyer Loyer fixé librement (sous réserve de l'encadrement là où il s'applique)

Aucune hausse n'est possible pour un logement classé F ou G, quelle que soit l'exception invoquée.

3. L'encadrement des loyers (article 140 de la loi ELAN). Dans les territoires volontaires, un arrêté préfectoral fixe chaque année, par secteur, type de logement (nombre de pièces, époque de construction, vide ou meublé), un loyer de référenceLoyer de référence : Loyer médian au m² fixé par arrêté préfectoral dans les zones d'encadrement, décliné en loyer majoré (plus 20 %) et minoré (moins 30 %). (médian), un loyer de référence majoré (+20 %) et un loyer de référence minoré (−30 %), exprimés en euros par m² de surface habitableSurface habitable : Surface de plancher construite après déduction des murs, cloisons, gaines et embrasures, et hors parties de moins de 1,80 m de hauteur.. Le loyer de base du bail ne peut dépasser le loyer de référence majoré.

Un complément de loyerComplément de loyer : Supplément autorisé en zone d'encadrement pour un logement aux caractéristiques exceptionnelles. peut s'ajouter si le logement présente des caractéristiques de localisation ou de confort exceptionnelles par rapport aux logements comparables du secteur (vue exceptionnelle, terrasse spacieuse…). Il doit être mentionné et justifié dans le bail. Il est interdit lorsque le logement présente certains défauts énumérés par la loi (notamment sanitaires sur le palier, signes d'humidité, classe énergétique F ou G, fenêtres laissant anormalement passer l'air, vis-à-vis à moins de dix mètres, infiltrations ou inondations, problèmes d'évacuation d'eau, installation électrique dégradée, mauvaise exposition de la pièce principale). Le locataire peut contester le complément dans les trois mois suivant la signature devant la commission départementale de conciliation, puis le juge.

En cas de loyer supérieur au plafond, le locataire peut obtenir une diminution et le remboursement du trop-perçu ; le préfet peut, après mise en demeureMise en demeure : Lettre sommant formellement une personne d'exécuter son obligation., infliger une amende administrative jusqu'à 5 000 € (personne physique) ou 15 000 € (personne morale).

Territoires concernés en 2026 (environ 70 communes) : Paris ; Lille, Hellemmes et Lomme ; Plaine Commune et Est Ensemble (Seine-Saint-Denis) ; Lyon et Villeurbanne ; Montpellier ; Bordeaux ; communes du Pays basque ; communes de Grenoble-Alpes Métropole. Vérifiez toujours l'arrêté préfectoral en vigueur et le simulateur officiel de la préfecture.

À surveiller

L'expérimentation créée par la loi ELANELAN (loi) : Loi du 23 novembre 2018, qui a notamment créé l'encadrement expérimental des loyers et le bail mobilité. du 23 novembre 2018, prolongée à huit ans par la loi 3DS, arrive à son terme le 24 novembre 2026. Une proposition de loi visant à la pérenniser a été adoptée par l'Assemblée nationale le 11 décembre 2025 ; le gouvernement l'a inscrite à l'ordre du jour du Sénat, où son examen est annoncé pour le 21 octobre 2026, en indiquant vouloir la limiter à une prolongation de deux ans sans nouvelles communes. Tant qu'aucun texte n'est promulgué, retenez la date butoir du 24 novembre 2026. Attention : même si l'encadrement expérimental disparaissait, le blocage des loyers à la relocation en zone tendue (point 2) continuerait de s'appliquer jusqu'au 31 juillet 2027.

4. La réévaluation au renouvellement (article 17-2). Si le loyer est manifestement sous-évalué, le bailleur peut proposer un nouveau loyer au renouvellement du bail vide, au moins six mois avant le terme, en fournissant des références de loyers du voisinage pour des logements comparables (au moins trois, six dans les agglomérations de plus d'un million d'habitants). À défaut d'accord ou de réponse quatre mois avant le terme, l'une des parties saisit la commission de conciliation, puis le juge avant le terme. La hausse s'étale : par tiers sur trois ans si elle est inférieure ou égale à 10 %, par sixièmes annuels sur six ans si elle est supérieure. En zone tendue, la hausse est plafonnée (moitié de l'écart avec les loyers du voisinage, ou 15 % du coût des travaux importants), et dans les zones d'encadrement la réévaluation n'est possible que si le loyer est inférieur au loyer de référence minoré. Réévaluation impossible pour un logement F ou G.

En location meubléeLocation meublée : Location d'un logement équipé du mobilier nécessaire pour y vivre, selon une liste réglementaire., le bailleur qui souhaite modifier les conditions du bail (dont le loyer) à son terme doit en informer le locataire au moins trois mois avant, dans le respect des mêmes plafonds en zone tendue et en zone d'encadrement.

Points clés

Révision : clause au bail, IRL, un an pour la demander, pas de rétroactivité. Zone tendue : loyer bloqué à la relocation jusqu'au 31 juillet 2027 sauf exceptions. Encadrement : loyer de référence majoré plus complément éventuel, jusqu'au 24 novembre 2026 sauf prolongation. F et G : gel total.

Pièges à éviter

Réviser avec le mauvais trimestre ; réclamer une révision rétroactive ; ignorer le dernier loyer du précédent locataire ; justifier un complément de loyer par un simple balcon standard ; oublier que l'encadrement s'applique aussi au meublé.

Textes de référence

Loi du 6 juillet 1989, articles 17, 17-1, 17-2, 18 et 25-9 ; décret n° 2017-1198 du 27 juillet 2017 modifié par le décret n° 2026-644 du 20 juillet 2026 ; décret n° 2013-392 du 10 mai 2013 modifié par le décret n° 2025-1267 du 22 décembre 2025 ; loi n° 2018-1021 du 23 novembre 2018, article 140 ; publications trimestrielles de l'INSEE (IRL).

Quiz 2.1

  1. Question 1 sur 4Le bailleur oublie de réviser le loyer à la date anniversaire du 1er mars 2026 et le demande le 10 juin 2026. Que se passe-t-il ?
    Voir la réponse

    Réponse B : La révision s'applique à compter du 10 juin

    Le bailleur dispose d'un an pour demander la révision, qui prend effet à la date de sa demande, sans rétroactivité.

  2. Question 2 sur 4En zone tendue, le logement a fait l'objet de travaux d'amélioration de 6 000 € TTC depuis le dernier bail, pour un loyer annuel précédent de 9 600 €. Quelle hausse annuelle maximale est possible ?
    Voir la réponse

    Réponse B : 900 € par an (15 % de 6 000 €)

    Les travaux dépassent la moitié de la dernière année de loyer (4 800 €) : la hausse annuelle est limitée à 15 % de leur coût réel TTC, soit 900 €.

  3. Question 3 sur 4Jusqu'à quand le décret limitant les hausses de loyer à la relocation en zone tendue est-il reconduit ?
    Voir la réponse

    Réponse B : 31 juillet 2027

    Le décret n° 2026-644 du 20 juillet 2026 s'applique aux baux conclus ou renouvelés du 1er août 2026 au 31 juillet 2027.

  4. Question 4 sur 4Un complément de loyer est-il possible pour un logement classé F dans une ville encadrée ?
    Voir la réponse

    Réponse B : Non, le complément est interdit pour les logements F ou G

    La loi interdit le complément de loyer pour les logements présentant certains défauts, dont une classe énergétique F ou G.

Exercices d'entraînement 2.1

10 questions. Répondez à tout, puis cliquez sur « Corriger » : les réponses et les explications s'affichent après la correction. Réussite à 70 %.

  1. Question 1 · Calcul : saisissez le résultatLoyer de 650 € HC, trimestre de référence : 2e trimestre. IRL du 2e trimestre 2025 : 146,68 ; du 2e trimestre 2026 : 148,37. Quel est le loyer révisé maximal (au centime) ?
    €

    Réponse attendue : 657,49 €

    650 × 148,37 / 146,68 = 657,49 €.

  2. Question 2 · Calcul : saisissez le résultatMême calcul pour un loyer de 950 € HC.
    €

    Réponse attendue : 960,95 €

    950 × 148,37 / 146,68 = 960,95 €.

  3. Question 3 · Une seule bonne réponseLa date de révision est le 1er septembre 2026. Le bailleur n'écrit au locataire que le 15 novembre 2026. À partir de quand le loyer révisé s'applique-t-il ?

    Réponse attendue : B — Au 15 novembre 2026, sans rétroactivité

    La révision prend effet à compter de la demande, sans rétroactivité.

  4. Question 4 · Une seule bonne réponseLe bailleur laisse passer plus d'un an après la date de révision sans la demander. Que se passe-t-il ?

    Réponse attendue : B — La révision de l'année est perdue

    Le bailleur dispose d'un an à compter de la date de révision ; passé ce délai, la révision de l'année est perdue.

  5. Question 5 · Vrai ou fauxEn métropole, un logement classé F dont le bail a été tacitement reconduit en 2024 peut voir son loyer révisé selon l'IRL.

    Réponse attendue : Faux

    Faux. Aucune révision n'est possible pour un logement F ou G si le bail a été conclu, renouvelé ou reconduit depuis le 24 août 2022.

  6. Question 6 · Calcul : saisissez le résultatZone tendue. Dernier loyer : 800 € par mois (9 600 € sur la dernière année). Le bailleur a réalisé 6 000 € TTC de travaux d'amélioration depuis le dernier bail. Quel loyer mensuel maximal peut-il demander au nouveau locataire ?
    €

    Réponse attendue : 875 €

    Les travaux (6 000 €) atteignent la moitié de la dernière année de loyer (4 800 €) : hausse annuelle limitée à 15 % × 6 000 = 900 €, soit 75 € par mois. 800 + 75 = 875 €.

  7. Question 7 · Calcul : saisissez le résultatZone tendue. Dernier loyer : 700 €, manifestement sous-évalué ; le loyer de référence du voisinage est de 800 €. Quel loyer maximal pour le nouveau bail ?
    €

    Réponse attendue : 750 €

    La hausse est limitée à la moitié de l'écart : (800 − 700) / 2 = 50 €, soit 750 €.

  8. Question 8 · Calcul : saisissez le résultatEncadrement : le loyer de référence est de 20 € par m². Quel loyer de base maximal pour 30 m² ?
    €

    Réponse attendue : 720 €

    Loyer de référence majoré = 20 × 1,2 = 24 € par m² ; 24 × 30 = 720 €.

  9. Question 9 · Plusieurs bonnes réponses : cochez-les toutesDans quels cas un complément de loyer est-il interdit ?

    Réponse attendue : A — Logement classé F ou G ; B — Vis-à-vis à moins de dix mètres ; C — Signes d'humidité ; E — Sanitaires sur le palier

    La loi interdit le complément en présence de ces défauts. Une vue exceptionnelle est au contraire un exemple de caractéristique qui peut le justifier.

  10. Question 10 · Une seule bonne réponseAu renouvellement d'un bail vide, une réévaluation acceptée représente une hausse de 12 %. Comment s'applique-t-elle ?

    Réponse attendue : C — Par sixièmes annuels sur six ans

    Par tiers sur trois ans si la hausse est inférieure ou égale à 10 %, par sixièmes annuels sur six ans au-delà.